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Je dois être une passionnée dans l'âme. Je ne fais jamais les choses à moitié, aucune demi-mesure dans mes sentiments, c'est perturbant. J'ai mis tellement de temps à trouver la force d'aller en cours dans ce lycée. Puis le déclic s'est fait. Depuis la rentrée, je n'ai loupé aucune journée sauf aujourd'hui car je n'avais pas le choix. Pas de trains. Encore que j'ai demandé autour de moi si quelqu'un pouvait m'emmener. Curieusement, ce déclic coincïde avec l'arrêt de mes crises de boulimie et de ma perte de poids. Je suis à 52 kg. Je mange trois repas par jour plus une collation. De petites quantités car la première fois que j'ai maigri, je suis descendue à 48 kg en faisant tous ces repas mais à côté de ça, je ne mangeais rien de gras, de trop sucré, je faisais du sport régulièrement, etc. Il n'y a donc aucune raison que cela ne soit pas la même chose maintenant. Les repas prennent de nouveau une place importante dans ma vie. Je suis heureuse de me lever le matin pour faire mon petit-déjeuner bien réglé. Je suis heureuse le midi d'aller au self et de fournir du carburant à mon corps. Je ne le vois que comme ça. Une prise d'énergie et non pas du plaisir. J'ai beaucoup de mal à manger de plus importantes quantités car mon estomac ne suit pas. Samedi dernier, j'ai été au restaurant chinois et le lendemain, je mangeais chez Thomas. J'ai été très malade lundi, mon estomac n'a pas supporté. Je ne suis jamais vraiment sortie des TCA depuis qu'elles ont commencées car même si j'avais repris du poids, c'était avant tout à cause de mes crises de boulimie mais aujourd'hui je n'ai pas l'impression de retomber dans le cercle de l'anorexie. Je ne sais pas si je dois m'alarmer. Personne ne me dit que c'est trop peu ce que je mange et je ne le sais pas moi-même. Advienne que pourra, une fois encore.
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Je suis un chat.
 Moi je suis un chat. Pas l'un de ces chats que l'on admire ou que l'on a envie de caresser. Je ne suis pas non plus de ceux que l'on présente aux expositions ou qui reste sagement roulé en boule sur les genoux de sa maîtresse grabataire.
Non, moi je suis un chat sauvage. Bien que ce soit un grand mot. Je ne vis pas dehors et je ne chasse pas pour me nourrir. J'ai une maison avec un humain, sa femelle et ses petits. J'ai toujours une gamelle qui m'attend et un coussin où me reposer de mes folles escapades.
Je crois que dans l'ensemble, on pourrait me définir comme un chat heureux. Femelle ne m'aime pas. J'essaye de me trouver le plus possible loin d'elle. Parfois, pour me venger, je marque sa couche comme mon territoire. Je sais qu'elle n'aime pas cela. Pourtant, je suis chez moi. J'ai été chez moi bien avant elle.
Je ne saurais me rappeler exactement mais j'ai eu un passé avec d'autres chats comme moi. Je me souviens de mamelles chaudes et douces. Je me souviens de contacts et de la découverte de mes semblables. Je me souviens de l'odeur de celle qui m'a mise au monde. Mais très vite, Humain est arrivé dans ma vie. A l'époque, je fus très malheureux d'avoir été séparé des mamelles douces et chaudes. Puis Humain m'a consolé. Humain m'a donné à manger, Humain m'a donné de l'affection. Je crois qu'Humain s'est mit à m'aimer le premier. A mon tour, je me suis mis à aimer Humain.
Je l'ai accompagné, ils sont très sensibles sans même le savoir. Moi je sais reconnaître les variations. Humain ne sait pas. J'ai parfois essayé de lui apprendre mais il est un peu bête. Ou borné. Chaque jour, Humain partait. La première fois, je pensais qu'encore une fois, l'on m'abandonnait. Je mangeais, je criais, je mangeais, je criais, de rage puisqu'il ne revenait pas, j'urinais et déféquais sur l'odeur d'Humain. Pour l'effacer.
Pourtant le soir, cette même odeur pris d'assaut mes narines frétillantes. Humain revenait. Humain ne m'abandonnait pas. Assis sur le lit, je le vis venir vers moi. Je m'amusais de ses mimiques et de son cri. Ce n'était pas le même que d'habitude, pourtant cette fois comme les autres, je n'éprouvais aucune peur. Humain était revenu, c'était donc qu'Humain m'aimait et qu'il ne me ferait jamais de mal.
Le temps passa et je pu bientôt m'aventurer à l'extérieur. C'est là que je fis mes premières expériences. Dehors est dangereux. Dehors recèle de bonnes choses mais il est difficile d'y accéder. Chatte première était l'une de ces bonnes choses difficiles d'accès. Il faut d'abord réussir à pénétrer sur son territoire sans se faire prendre par le stupide tas de poils puant qui garde l'entrée. Parfois quand enfin on ose faire le premier pas, sans crier gare, des monstres aux yeux jaunes et blancs surgissent dans un cri assourdissant et nous font perdre nos moyens. Chatte première en fit l'expérience. Lorsque je m'approchais d'elle, je contemplais ses yeux jaunes et fixes. Sa gueule ouverte sur ce qui semblait être son dernier râle. Précautionneusement je reniflais son corps sans vie. Un liquide chaud s'en écoulait et j'en lappais quelques gouttes lorsqu'un enfant d'humain surgit devant moi poussant un hurlement qui me fit prendre la fuite. J'en déduis que tout désir que m'ai inspiré chatte première, si je n'avais pu satisfaire à mon instinct reproducteur, elle avait été bonne malgré tout.
Quelquefois, l'ennui me rongeait. Une fois que l'on a bataillé avec nos semblables afin de délimiter chaque territoire, dehors est moins intéressant. Heureusement, il reste toujours des tas de petites choses idiotes qui ne demandent qu'a jouer. Elles gigotent sous ma patte et crissent sous mes dents. Souvent, je m'amuse beaucoup plus de leur agonie que du reste alors après leur avoir arraché les membres je les admire se mourir à petit feu. Femelle n'aime pas ça. Pour avoir la paix et pour exécuter mon oeuvre sans que les autres chats ne me la vole, je dois cacher ma proie. A l'intérieur de préférence. J'ai appris que les humains mettaient énormément de temps à sentir une proie alors je peux jouer un peu.
Un jour Femelle est partie. Pour remercier Humain, je lui ai offert une proie vivante. Je voulu l'initier au jeu mais il me rabroua d'une bourrade et mis mon oeuvre dans le sac interdit. J'aime beaucoup fouiller le sac interdit, Femelle déteste ça et moi, j'adore prendre le risque de la voir surgir à n'importe quel instant lorsque je renifle ces douces effluves ou qu'enfin, je parviens à me procurer un met d'Humain.
Je pensais que Femelle ne reviendrait plus. La maison était de nouveau mienne. Je n'acceptais qu'Humain en ces lieux. Le matin, très tôt je me levais afin d'aller rejoindre Humain dans sa couche. Doucement, je venais me coller contre son corps chaud. Un ronronnement de satisfaction et de bonheur emplissait mon être et je fermais les yeux, ravi de me trouver là en cet instant. Malheureusement, mon bonheur fut de courte durée. Un jour, son odeur revint. Je n'y croyais pas, je ne voulais pas y croire, Je pensais et j'espérais plus que tout que mes narines me jouaient des tours. D'un bond, je fus en bas du canapé, courant vers l'entrée, ma déception fut immense. Femelle était là. Avec elle, deux nouvelles odeurs et des cris dans un panier bleu. Je m'approchais en prenant soin d'éviter le pied de Femelle. J'eu à peine le temps de me pencher sur le tissu couleur du ciel, j'aperçu furtivement deux proies roses gigoter à l'intérieur. Interrompu par Femelle qui me poussait du bout de sa chaussure, je profitais de la porte ouverte pour sortir.
Humain m'avait trahi, j'allais punir Humain.
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Est-ce possible que sur cette photo, on puisse déceler la plus petite violence dans mes yeux ou sur mon visage ? J’ai un goût amer dans la bouche. Comme le fait d’être trompée oui. Je savais que la vie reprendrait son cours normalement après l’agression de la truie, en apparence seulement. Parce que c’est devenue une haine implacable. Une violence que je retourne contre tout et tout le monde. Je me contrôle à grand peine, sur mes gardes. Je crois que si on me donnait l’occasion de tabasser quelqu’un, je m’en donnerais à cœur joie. S’il y a une chose que j’aime chez ma mère, c’est sa capacité à me ressentir. Elle sait souvent énormément de choses sans que je n’ai eu besoin de lui en toucher ne serais-ce que le plus petit mot. Pourtant je pense donner le change. Faut-il croire qu’autant mon père ne me comprends plus et ne me comprendra jamais, autant ma mère devine la moindre variation sans même m’interroger ? Hier en allant aux courses, une gamine qui insulte sans arrêt ma sœur était là. Je ne l’ai su qu’après car ma mère voulait « éviter le scandale ». Je crois qu’effectivement c’était mieux parce que je n’aurais pas apprécié que l’on n’aille pas dans mon sens. C’est triste tout de même que toute cette rage ne puisse se diriger sur la bonne personne. Est-ce qu’au moins cela me soulagerait ? Je n’en suis même pas certaine. Ce n’est pas comme si je ne savais pas d’où tout cela venait. Non, je sais pertinemment que c’est elle la responsable, elle et mon père. Hier matin, j’ai entendue une grande partie de leur petite conversation. Parce que les planchers sont fins chez moi. La truie se plaignait que mon père, je cite ses mots « ai fermé sa gueule » quand je lui ai dit ce que je pensais d’elle le fameux jeudi où elle m’a agressée. Mais dans quel monde vit-elle putain de merde ?! Qu’est-ce que j’ai fais dans une autre vie pour devoir supporter une pareille crevure sous le même toit que moi sans pouvoir rien y faire ? Madame voulait que mon père m’engueule parce que j’ai osé dire devant ma mère qu’elle ne foutait rien à la maison, ce qui est vrai. Le plus triste, c’est que mon père allait dans son sens. C’est dingue comme une chatte (aussi mauvaise soit-elle) peut rendre fou un homme au point de lui faire perdre le sens des réalités. Elle a ensuite décrété que non, elle ne ferait pas à manger le soir, qu’en Belgique, ils ne mangeaient pas le soir et dans le Nord non plus. Alors je ne sais absolument pas d’où elle tient cette affirmation mais quoiqu’il en soit, pour elle qui ne bouge pas son cul de la journée, il est normal qu’elle n’ait pas faim le soir. Je peux comprendre que deux petits vieux qui ne bougent pas tellement n’aient besoin que d’une soupe et d’un bout de pain mais merde quoi, je me lève à 05h15 tous les matins, je passe ma journée en cours et mon frère c’est pareil. Encore que je m’en tape complètement puisque je ne mange jamais ce qu’ils font à manger car la nourriture me fait peur mais mon frère lui, a besoin de manger, c’est un gaillard de 17 ans et c’est pas un bout de pizza pourrie qui va le rassasier merde ! Mais c’est futile, je me contrefous qu’elle ne foute rien à la baraque en fait, chacun fait ce qu’il veut tant qu’elle ne m’emmerde pas mais le fait est qu’elle m’emmerde. Le fait que quand je suis descendue hier matin, mon père tirait encore la tronche. C’est plus vivable quoi, y a un moment où il faut arrêter. Etant donné qu’un palier a été franchi (celui de la violence physique), moi je crois que tout ça se finira très mal. Et tant pis si un jour je vais en taule ou quoi que ce soit, je la hais viscéralement et ma relation avec mon père prend le même chemin.
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La goutte d'eau.
Les bornes ont été dépassées. J'écris d'une manière automatique, avec un certain détachement comme si cela ne m'était pas arrivée à moi. Parce que dans une famille normale, la "belle-mère" ne saute pas sur la fille de son conjoint comme une vulgaire gamine de 11 ans en mal de rébellion. Parce qu'elle a osé tenter de me frapper. Tenter car elle m'a juste fait basculer de ma chaise. En traitre. Pour en revenir au début, j'étais comme d'habitude sur mon PC d'un côté et avec mon chéri au téléphone de l'autre. Elle revient des WC et je l'entends dire "c'est pas vrai ! Quelqu'un a bouché les toilettes ! J'ai jamais vu ça !". En sachant que je suis depuis toujours sa bête noire, n'est-il pas normal que je l'ai pris pour moi ? Je revenais justement de la salle de bain après avoir pris ma douche. Mon frère vient s'asseoir à côté de moi et nous commençons à discuter. Puis mon père s'en va à son tour aux WC en nous gueulant dessus qu'il y en a marre, que les chiottes sont bouchés, il demande qui c'est. Mon frère rit, je ne réponds pas car je sais que l'accusation est pour moi et je n'ai pas envie de me prendre la tête en sachant que j'aurai de toutes façons tort. Mon père sort de la pièce, mon frère va à la cuisine se chercher à boire et mon copain me demande au téléphone ce qu'il y a eu. Je lui réponds, énervée, que l'autre a encore ramené sa fraise. Là j'entends "ferme ta gueule". De quoi ? Moi ? Je dois fermer ma gueule ? Chez moi ? Face à elle ? Je lui demande de quel droit elle me parle comme ça, je ne suis pas son chien. Sa seule réponse "ferme ta gueule où je me lève". Il faut savoir que j'ai un énorme défaut, je suis très fière. Même si elle avait fait 120 kilos, je n'aurai pu laisser passer l'affront. Parce qu'elle aurait crûe que j'avais peur d'elle et j'ai décidé un jour, de ne plus avoir peur de personne. Nonchalante et vulgairement oui, c'état vulgaire mais je réponds dans un langage qu'elle connaît je lève mon doigt en un magnifique fuck et je dis "ouais ok, tiens suce". Je tourne de nouveau ma tête vers mon écran, et là je l'entends se lever, elle m'attrape par la tête et me jette à terre. Mon coude frappe le sol durement, aujourd'hui une bonne partie de mon bras est violette mais je ne dis rien. Je ne me suis plus contrôlée. Jamais je n'ai levé la main sur quelqu'un en premier. Jamais car je trouve ça vil et méprisable comme attitude. J'ai toujours trouvé lamentable les filles se battant dans les cours de récrés, se jetant des insultes sans vergogne. Mais là je me suis relevée aussitôt et j'ai frappé. Instinctivement, mon poing a percuté sa tempe. C'est là que je voulais cogner. Sur son visage, la défigurer, la tuméfier. Toute la haine contenue depuis tant de temps affleurait à la surface et si j'avais eu le temps de la mettre à terre, je crois que je ne me serais arrêté qu'en la voyant inerte. J'aurais frappé jusqu'a m'en faire mal aux mains, encore et encore. Mon frère est arrivé, j'ai crû qu'il allait s'y mettre mais malgré ses 17 ans, il est assez mature pour comprendre que ça n'arrange rien. Il s'est interposé. Elle lui a labourré le dos (il était torse-nu, venant d'aller se changer lui aussi) en lui disant de "dégager". Il m'apprendra plus tard dans la nuit qu'en entendant ses mots il avait eu envie de se retourner et de lui en décocher une car lui non plus n'est pas son chien mais il le dira lui-même "je suis assez maître de moi-même pour ne pas faire ce qu'elle a fait, c'est inconcevable". Insultes, provocations, elle me dira plein de saloperies ce soir-là, à 21 ans je ne fais "rien" de ma vie. Effectivement, apparemment pour elle l'école n'était "rien" puisqu'elle n'a pas jugé utile de continuer après son BEP. Oui, pour elle je ne fais rien. Je ne minimise pas mon rôle, elle a aussi eu droit à son lot d'injures (je n'en suis pas fière en fait) et de vérités en pleine tronche mais ce qui me fait le plus mal même si je ne veux pas me l'avouer et que je ne laisse rien paraître c'est que mon père s'en fiche. Cela ne l'a pas choqué qu'elle se jette sur moi. Aujourd'hui, il ne me parle pas, comme si j'étais la fautive. J'aurais du me laisser insulter ? Me laisser frapper ? Je crois ne plus me souvenir ce qu'est un père en fait.
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Rien de nouveau par rapport à ces derniers temps. J’ai juste pris une bonne résolution, je ne sais pas si je réussirais à la tenir mais je voudrais remanger normalement, trois repas par jour. Comme avant de tomber malade. Lorsque j’étais mince tout en mangeant trois repas et une collation à 16h00. Je sens que cela ne sera pas facile car cela fait plus d’un an que j’ai banni le petit-déjeuner par exemple. Quelques mois maintenant que je ne mange plus du tout au self et que je l’évite au maximum. Mais voilà, si cela peut m’aider à ne plus faire de crises pour m’arracher ensuite la gorge alors pourquoi ne pas essayer ? Puisqu’en mangeant comme ça avant, je pesais moins que mon poids actuel alors que je me prive beaucoup plus ? J’ai tout de même un peu peur qu’en mangeant autant de choses (pour moi c’est énorme oui), je me remette à réduire et à compter les calories sur le long terme. M’enfin assez de questions, j’essaye et puis voilà, je verrais bien. La semaine dernière n’a été qu’une succession de crises. Je n’ai pas été en cours de la semaine, je me cachais dans l’une des maisons de ma grand-mère avec la complicité de ma mère. Aussi, je me suis retrouvée à manger un chocolat avec des gâteaux dès 7h00 du matin, que j’ai ensuite vomi et quelques heures plus tard, j’engloutissais une assiette de chou au gratin avec une conserve complète de riz au lait. A 9h00 du mat, c’est qu’il y a quand même un problème. J’ai même bouché les toilettes avec mes vomissements, il y avait de l’eau partout et mon beau-père a du venir déboucher le tuyau. Heureusement qu’ils n’ont rien soupçonnés. Je suis lasse. En cours, je n’ai que de mauvais résultats. Plus le temps passe et plus je dépéris. Mentalement. Parce que physiquement, rien ne se remarque. Tant mieux, on me fout la paix. Peut-être suis-je stupide en fait. Si ça se trouve, je suis vraiment une de ses poufs blondes et idiotes que j’ai toujours regardé avec pitié. Une fois, mon chéri m’a posé la question « mais tu crois que ces filles savent qu’elles sont des poufs stupides ? ». Je n’ai pas su y répondre mais j’ai peut-être la réponse là maintenant tout de suite en me rendant compte que je ne suis pas plus intelligente qu’une autre. Je n’ai rien de remarquable. C’est le plus difficile à admettre je crois. Mais comment font les autres pour le supporter ? Ou peut-être ont-ils quelque chose de remarquable justement ? J’ai juste envie de couler une bonne fois pour toutes en fait. Comme je l’ai tant de fois désirée. Sombrer et ne pas me réveiller. Tout sera fini. Le sens du monde, le pourquoi nous sommes là, le mais je n’existe peut-être pas finalement. Fin que des plaintes finalement, pour pas changer.
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Se battre.
Ma rentrée s'est finalement bien passée. Pour les autres. Je suppose que devant les élèves de mon lycée et en particulier ceux de ma classe, je n'ai rien laissé paraître. Ce n'est pas mon genre de toutes façons. Surtout pas à l'école. C'est là-bas que j'ai vécue les pires choses alors j'ai appris qu'il ne fallait rien montrer sinon on s'en sert contre toi. De toutes façons, je crois que c'est la vie qui est comme ça de toutes façons.
Le soir-même je n'ai que très peu dormi et la journée fut difficile. Je suis totalement incapable de manger le midi. Je surveille en ce moment, je ne mange pas d'aliments que je ne considère pas comme "bons" pour moi. C'est à dire très peu de choses au final. J'ai été surprise. Dans le train lundi, un élève de ma classe, un garçon très discret à qui presque personne ne parle est venu me faire la bise. Alors je lui ai dit de s'assoir à côté de moi plutôt que seul et nous avons discutés tout au long du trajet en train. Je ne sais pas pourquoi il a fait ça mais ça m'a fait plaisir. Il fait parti des rares personnes que, je le sais, je ne dénigrerais jamais. Parce que je dois le reconnaître, j'ai une langue de "pute" comme on appelle ça. Je trouve à redire sur à peu près toutes les personnes qui m'entourent et rares sont les exceptions. Pourtant il y en a même si notre passe-temps favori à mon frère et moi (il est pareil sur ce sujet) reste le foutage de gueule des autres. Ca ne veut pas dire que nous les détestons ou que nous leur ferions du mal, soyons clairs mais entre nous, c'est comme ça que nous rions même si ce n'est pas très sympa. Mais qu'est-ce qui est gentil en ce monde ? En arrivant devant les portes du lycée, un autre garçon de ma classe m'a sourit et m'a dit "bonjour". Comme ça. Bonjour, comme s'il me considérait comme une madame. J'ai été surprise mais je lui ai rendu son sourire parce que j'ai trouvé ça marrant et que ça m'a fait plaisir.
Les professeurs ne m'ont rien demandés. Depuis que je suis au collège, lorsque je suis absente, aucuns professeurs ne m'a jamais demandé de montrer mon mot quand je rentrais. Une ancienne prof de physique-chimie m'a dit une fois que j'avais un drôle de regard et qu'en cours, parfois, cela la mettait mal à l'aise car elle avait l'impression que je la dévisageais et la "jugeais". Quelque chose de méchant. C'est peut-être la raison pour laquelle, les professeurs en général me laissent tranquille, je ne sais pas. Quand je suis entrée en classe, un élève à crié "Madeline ! T'es revenue !". Ca n'est rien oui mais avant, personne n'aurait remarqué que j'avais été absente et personne ne se serait exclamé de mon retour.
En parallèle, j'ai appris lundi soir que mon ancien lycée ne pouvait me reprendre. Ils ont atteint leur quota et en janvier, c'est trop tard. Je suis donc condamnée à finir mon année là-bas. Sur le coup, j'étais désespérée. La perspective de m'en aller était la seule chose qui me faisait tenir le coup, savoir que c'était impossible m'anéantissais. Puis je ne sais pas, je me suis dit qu'il fallait que je relève la tête. C'est vrai qu'au final, je ne suis pas forte même si j'en donne l'apparence. Mais j'ai trop de fierté pour me "rendre". Trop de fierté pour abandonner, trop de fierté pour me dire que je n'y arriverais pas.
Alors chaque soir, je suis contente d'avoir fini ma journée. L'impression d'un combat gagné. Chaque soir, j'ai hâte d'être à demain pour mener à nouveau ma bataille. Même si en me levant, ma gorge se serre, mon ventre fait des noeuds et que les larmes montent. Je me suis décidée à prendre les cachets que m'avait prescrit le médecin il y a un an et qu'il m'a re-prescrit la dernière fois. Je n'ai pas spécialement l'impression d'être calmée mais peut-être que cela m'aide à me battre, peut-être que je me dis que ça marche alors qu'en fait, cela ne me fait rien. Je ne sais pas. L'essentiel est que j'essaie au moins. Non pas que j'essaie. Que je réussisse car je ne supporterais pas l'échec.
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Meilleurs vœux à toutes et à tous !
Cela faisait longtemps que je n’avais pas passé un aussi bon réveillon du Nouvel An. C’est vrai que d’habitude, nous faisons un repas mais c’est plat, très plat. Je me souviens d’une année ou Ben était là et où malgré tout, j’avais trouvé ça triste. J’ai d’ailleurs retrouvé une photo de ce Nouvel An et quel changement ! Ca fait bizarre de se revoir comme ça. J’ai l’impression que c’est une autre personne. J’ai donc passé le réveillon chez ma mère, dans sa nouvelle maison. Ma grand-mère maternelle ne devait pas venir à la base car souvent, le 31 décembre, elle va dans des soirées avec repas organisés. Seulement là, elle n’en avait pas envie. Il y avait un couple d’amis de la famille avec leurs deux enfants, mes deux cousins dont l’un avec sa chérie (ceux avec qui je suis sortie en boîte en fait), une amie de mes petites sœurs et mon chéri. Mon cousin et lui n’ont rien trouvé de mieux à faire que me saouler en début de soirée. Encore une fois, je n’avais quasiment rien mangé de la journée, quelques légumes le midi et un yaourt donc forcément… Je dois aimer explorer les sols parce que je ne me suis déplacée exclusivement qu’en rampant en tentant vainement d’attraper les chaussures des gens qui passaient à ma portée avant d’aller m’affaler sur le canapé. Seulement, je n’avais pas envie d’un réveillon comme celui-ci à comater, nauséeuse sur un divan. J’ai été vomir, bien que je n’avais avalé qu’un pâté en croûte avec quelques feuilles de salade. On ne peut pas dire que ce soit difficile, j’ai l’habitude malheureusement. Ca a été mieux ensuite et je n’ai pas rebu de la soirée et presque pas mangé. La nourriture m’écoeure en ce moment, comme un peu tout le monde après les fêtes je pense. Après le repas et surtout après minuit, nous avons passés notre temps sur Singstar et Buzz. C’était sympa, on s’est bien marrés. Sauf peut-être la copine de mon cousin qui n’est pas trop jeux vidéos et qui est restée toute seule sur le canapé pendant que nous jouions la pauvre. Faut dire que nous étions les seules filles de cet âge, sinon il n’y avait que des garçons. Grand miracle, il n’y a pas eu un seul accrochage entre mon frère et mon copain durant la soirée/nuit. Parce que même si c’est un de ses anciens amis, mon frère s’est mit à le détester à partir du moment où nous nous sommes mis ensembles. Bref, j’ai été me coucher à 6h30, satisfaite de ce passage à la nouvelle année. J’espère qu’il en fut de même pour vous et que vous avez passées une bonne soirée.
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